'Céline et Yannick interrogent la valeur que nous accordons aux objets, ainsi que la distance incertaine qui sépare une rencontre du sens qui en découle. Certains objets semblent avoir atteint la fin de leur existence. Abandonnés, oubliés, dépouillés de leur signification passée, ils demeurent comme des fragments d'un monde qui ne les reconnaît plus. Trouvés dans la rue, récupérés dans les marchés aux puces ou sauvés de l'oubli, ces vestiges deviennent le point de départ d'une mythologie intime. Leurs vies antérieures restent inconnues, leurs sens originels obscurcis. Pourtant, quelque chose persiste. Par un processus de transformation, ils intègrent un ordre différent. Reconfigurés en anneaux, ils deviennent les fragments d'un système inachevé.
CÉLINE ET YANNICK
Le résidu de valeur
Une constellation de signes issus des traditions symboliques, de l’observation céleste, de la mémoire personnelle et du langage des objets. Chaque pièce suggère un lien possible, une correspondance cachée entre des choses qui semblent sans rapport. Contrairement aux objets produits à des milliers par de grandes marques, chaque bague existe en tant que pièce unique. Sa valeur ne provient ni de la répétition, ni de l’échelle de production, ni d’une rareté conventionnelle, mais de la transformation qu’elle subit.
Un objet délaissé, autrefois ignoré et apparemment sans valeur, est réinventé comme un objet de luxe unique.
Son caractère unique n’est pas ajouté a posteriori ; il est ancré dans l’acte de trouver, de façonner et de lui donner une nouvelle vie. Peut-être la valeur n’est-elle pas perdue, mais déplacée. Peut-être un objet devient-il invisible bien avant de disparaître. Dans cette mythologie, ce qui est jeté n’est pas simplement récupéré. Il est soumis à une autre transformation, où les frontières entre précieux et sans valeur, relique et ornement, ruine et création commencent à se dissoudre. Les anneaux demeurent comme témoignages de ce passage. Chacun est un fragment unique d’une construction plus vaste, pointant vers un sens qui ne se révèle jamais pleinement.

